Faillite d’une école privée: faille du libre choix

L’actualité vient de rappeler de manière on ne peut plus claire un des défauts flagrants des privatisations: les privés peuvent faire faillite. Ça arrive même plus souvent qu’on ne le pense.

C’est en tout cas ce qu’ont appris à leurs dépens les élèves d’une école privée genevoise, comme le raconte «le temps» d’aujourd’hui. Dimanche soir, on les avertit que l’école ferme, qu’il n’y aura pas cours lundi matin, qu’ils n’ont plus qu’à trouver une autre école. Et que les écolages payés l’ont été pour rien. S’ils veulent être sûr de pouvoir bénéficier d’une formation, il ne leur reste plus qu’à retourner à l’école publique. Qui est d’ailleurs la seule à devoir accepter tous les enfants. En tout temps.

On est bien dans la logique qui prévaut lors de privatisation: Les privés font des bénéfices, mais quand il y a de la casse, c’est au secteur public d’assumer les coûts. Et dire qu’il y en a pour vouloir privatiser la formation à large échelle en introduisant le chèque scolaire.

4 réflexions au sujet de « Faillite d’une école privée: faille du libre choix »

  1. J’ai beaucoup de compassion pour le drame qui touche les élèves.

    J’ai toutefois de la peine à vous suivre lorsque vous parlez de bénéfices (et faites allusion au débat opposant le privé au public)… depuis sa récente création, cette école a été à de nombreuses reprises dénoncées, notamment par UNIA, et je pense que cette issue douloureuse, de par ses caractéristiques propres, ne peut être généralisée…

    De plus, on a que voir le canton de Neuchâtel pour se convaincre que de telles issues douloureuses sont également possibles dans le public…

    A mon avis, c’est la responsabilité des auditeurs qu’il faut renforcer, pas la présence de l’Etat 😉

  2. Bien sûr qu’il ne faut pas généraliser: ce n’est pas parce qu’une école privée fait faillite que toutes sont mal gérées. Mais on peut tout de même tirer une conclusion générale: toute entreprise privée peut faire faillite. Et, dans le cas d’un service public privatisé (ou d’une entreprise privée dont l’existence est d’intérêt public, p. ex. swissair) c’est l’Etat qui paie les pots cassé. Après que les privés aient encaissés les bénéfices…
    Je ne vois pas de quel exemple neuchâtelois vous parlez: pourriez-vous préciser?
    Quant à la responsabilité des auditeurs, si c’est aux entreprises d’audit que vous pensez, vus leur responsabilité dans la débâcle du secteur financier, je ne m’y fierai pas trop. Si on veut qu’un service soit pérenne, c’est à l’Etat qu’il faut le confier.

  3. rien que lors de la dernière rentrée scolaire:

    _Par rapport à l’an dernier, quatre classes sont fermées au niveau primaire et huit au secondaire. Quant au nombre d’enseignants, environ 2000 personnes se partagent 1460 emplois à plein temps. A noter qu’une quarantaine d’enseignants ont profité du programme de retraite anticipée._ (vous noterez l’utilisation ironique du terme « profiter »)…

    Sinon,
    « Et, dans le cas d’un service public privatisé (ou d’une entreprise privée dont l’existence est d’intérêt public, p. ex. swissair) c’est l’Etat qui paie les pots cassé. »

    cette phrase est transposable… à chaque fois que l’Etat gère mal ses deniers, c’est les privés qui paient les pots cassés (augmentation des prélèvements obligatoires, baisses des prestations, etc etc).

    la question est dans l’équilibre, pas dans la voie unilatérale à mes yeux.

    :o)

  4. L’Etat est pire que le prive, M. Schwaab, car quand il s’endette, c’est tout le monde qui en patit. Loeche-les-bains, la caisse de pension de la ville de Fribourg, des enseignants bernois, etc.: ce n’est pas le prive…

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