Ce banquier, quel cas (y ment)!

Y’a des jours où je préférerai être citoyen-contribuable (surtout contribuable, à dire vrai) de Singapour ou des Îles Caïmans. Il faut dire qu’ils savent s’y prendre en matière d’intervention publique quand une banque est en danger. Singapour, d’abord. Alors que le conseil fédéral accepte de dépenser 68 milliards pour sauver l’UBS (tout en expliquant que 800 millions pour l’AVS flexible, c’est niet), il n’est pas question ni d’obtenir un droit de regard dans la gestion de la banque, ni d’entrer au conseil d’administration. C’est vrai que la finance, c’est devenu tellement la honte qu’on peut comprendre que ces braves gens ne veulent pas se salir les mains. En revanche, lorsque le fond souverain singapourien investit dans l’UBS, il entre dans le capital (avec tous les droits qui vont avec) et au conseil d’administration (avec tous les droits qui vont avec). Y’en a qui savent prendre soin de leurs sous. Et qui comprennent l’adage «qui paie commande».
Et, quand il s’agit de domicilier la société spéciale devant liquider tous les actifs «toxiques» d’UBS, pas question de la domicilier dans un paradis fiscal bien de chez nous, genre Zoug, Buchillon ou Wollerau. Les Îles Caïmans sauront faire ça bien mieux. Décidément, le savoir-faire helvétique fout l’camp.

Chronique de politique chronique parue dans le «Tromblon».

le tromblon.jpg

5 réflexions au sujet de « Ce banquier, quel cas (y ment)! »

  1. Décidément, je ne vous comprends pas.

    Citation:
    « Alors que le conseil fédéral accepte de dépenser 68 milliards pour sauver l’UBS (tout en expliquant que 800 millions pour l’AVS flexible, c’est niet), »

    Quel est le rapport ??????

    Encore une fois, les 68 milliards, c’est l’UBS qui les a mis sur la table (cette valeur représentant des actifs à leur valeur la plus basse !! mais avec de très fortes chances de remonter à moyen terme), avec la garantie de la BNS pour le cas où le marché mondial s’effonderait complètement… et les 800 millions, aurait été de l’argent qu’il aurait fallu sortir des caisses de la Confédération chaque année (sans aucune idée de comment financer tout cela)…

    Pourriez-vous consacrer un billet d’explication sur comment vous parvenez à la conclusion que lorsque l’UBS remet 68 milliards à une fondation, il s’agit de l’argent de la Confédération ??

    Enfin, et si votre dernier paragraphe signifiait simplement que la Suisse n’est pas, contrairement à votre vision unilatérale, un paradis fiscal ??

  2. « avec la garantie de la BNS »… qui appartient à la confédération et aux cantons! Il s’agit d’argent public mis en garantie pour la « valorisation » des actifs toxiques. Ne jouez pas sur les mots! Certes, j’aurais pu être plus précis et dire « la confédération et les cantons » (car la BNS appartient aux deux), mais vous avouerez tout de même que c’est un peu couper les cheveux en quatre. Le résultat final est le même: c’est avec de l’argent public que l’on libère l’UBS de ses actifs toxiques.

    Votre commentaire sur le financement de l’initiative pour l’AVS flexible, même s’il a perdu de son actualité, est à la limite du mépris. Qui plus est du mépris mal informé. Vous savez parfaitement que nous avions faits des propositions de financement pour notre initiative et que si elles n’étaient pas incluses dans le texte soumis au vote, c’est tout simplement pour respecter le principe constitutionnel de l’unité de la matière… Vous savez aussi pertinemment que cet argent n’aurait pas été sorti des caisses de la Confédération.

  3. « Le résultat final est le même: c’est avec de l’argent public que l’on libère l’UBS de ses actifs toxiques.  »

    Quel argent public ?

    Si mon enfant veut étudier à l’étranger, qu’il travaille pour financer ses études et son logement mais que sa régie réclame quand même une caution (parce qu’elle doute de sa solvabilité) ?

    Est-ce que si je me porte caution pour lui, aurais-je sorti le moindre centime de mon porte-feuille ? ou inscrit la moindre écriture dans mon livre de compte ????

    Pour le reste, proposer d’augmenter les prélèvements obligatoires, n’est pas une source de financement à mon avis (mais un hypothétique impôt supplémentaire). De même, si j’avais du mépris, je ne perdrais pas mon temps à discuter sur ce site. Être d’un avis contraire, l’exprimer et tenter de le motiver ne me paraît en tout cas pas exprimer une forme de mépris. ;o)

  4. Pardon pour ma sortie sur le mépris. J’en avais juste marre d’entendre « vous n’avez pas prévu de financement », ce qui est faux. J’accepte en revanche tout à fait que l’on m’attaque sur ledit financement…

    Se porter caution ne signifie en effet pas sortir l’argent. Mais il faut néanmoins inscrire les cautionnement au bilan (ou plutôt « hors bilan »), car c’est de l’argent qu’il faudra sortir le moment venu si la condition du cautionnement se réalise. Dans notre affaire, si les actifs toxiques peuvent être liquidés à leur valeur, la BNS ne perdra effectivement rien. Mais comme ce ne sera probablement pas le cas, la différence entre le montant cautionné et les montants effectivement réalisé sera pour notre pomme.

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