Bottelònes: la jeunesse socialiste suisse joue les bout-en-train
Voilà un bel exemple de politique d’opposition à tout prix, dont le but unique est de se profiler. Et, malheureusement, il provient de mon propre parti.
C’est avec consternation que j’ai lu ce communiqué de presse de la JSS d’hier, qui annonce «soutenir toute forme d’opposition collective» et appelle donc à «ignorer les interdictions et se rendre quand même aux beuveries (bottelòn)».
S’il y a bien une chose que ces beuveries collectives ne sont pas, c’est bien de «l’opposition collective». Car elle n’ont aucune revendication, aucun message ni programme politique. Il s’agit de boire, point barre. Et elles n’ont aucune forme d’organisation collective non plus, vu que les organisateurs de la plupart de ces rencontres n’ont fait que lancer l’idée sur facebook de manière spontanée, sans réfléchir aux conséquences et se sont ensuite empressés de se défiler une fois sous les feux des médias. En outre, ces courageux organisateurs n’exercent pas de droit constitutionnel, contrairement, par exemple, aux organisateurs d’une manifestation politique. Les libertés fondamentales ne protègent en effet pas l’utilisation abusive du domaine public. Heureusement.
Là où la JSS se plante encore plus, c’est lorsqu’elle prétend que les beuveries sont «une réaction à la commercialisation du temps libre». Ce phénomène existe impossible de le nier, mais les beuveries géantes, comme l’a démontré si justement Alain Hubler, ne sont qu’une manifestation supplémentaire de cette commercialisation.
Les Bottelònes posent de rĂ©elles questions. Auxquelles Pierre Maudet, prĂ©sident radical de la commission fĂ©dĂ©rale de l’enfance et de la jeunesse, rĂ©pond de manière beaucoup plus pertinente que mes camarades de la JSS. Quelle prĂ©vention face Ă la surconsommation d’alcool (j’avais dĂ©posĂ© un postulat il y a quelques temps sur ce sujet)? Quelles mesures pour limiter la vente d’alcool fort bon marchĂ© et Ă toute heure? Quels espaces publics laisser aux jeunes? Quelle politique de la jeunesse en milieu ouvert? La JSS se garde malheureusement bien de rĂ©pondre Ă ces questions. Mais qu’importe, puisque l’objectif de ce communiquĂ© de presse Ă©tait plutĂ´t de critiquer les municipalitĂ©s socialistes, ce qui suscite toujours l’intĂ©rĂŞt des mĂ©dias.
24 août 2008 at 19:27
Cher Christophe,
Je sais, c’est un thème très sensible ces Bottelònes.
Contrairement Ă toi je ne condamne pas mes camarades, car je n’ai pris aucune position.
Je vais aller participer prochianement Ă une de ces manifestations, sans moi-mĂŞme boire, simplement pour me fiare moi-mĂŞme une idĂ©e. En tout cas j’Ă©spère que il n’y aura pas de conflits Ă l’intĂ©rieur de notre parti liĂ© à ça.
Amicalement
Simon
Membre Jeunesse socialiste
Représentant des Jeunes socialistes du canton de Fribourg à la Jeunesse socialiste suisse
25 août 2008 at 17:11
Salut simon,
Je ne pense pas que le parti va se diviser sur le sujet. ça m’Ă©tonnerait que l’on trouve beaucoup de monde pour partager l’avis de la JSS comme quoi un bottelon serait “une forme de rĂ©sistance collective”… En revanche, savoir comment rĂ©agir, s’il faut interdire, quelles rĂ©ponses il faut apporter au rĂ©el problème de la surconsommation d’alcool des jeunes, voilĂ qui mĂ©rite un vrai dĂ©bat au sein du PS et de la JS!
27 août 2008 at 12:20
A lire aussi cet article de domaine public: http://www.domainepublic.ch/files/articles/html/9903.shtml