Places d’apprentissage: L’OFFT crie victoire trop vite.

Hier, l’OFFT a publié son bisannuel «baromètre des places d’apprentissage», qui comporte quelques résultats réjouissants. Ce qui permet à l’office de crier victoire en parlant de «détente» sur le marché des places d’apprentissage.  C’est malheureusement loin d’être la réalité, comme le révèle une analyse approfondie des chiffres du baromètre.


Comme ces dernières années, l’offre en places d’apprentissage ne parvient pas à satisfaire la de­mande (79 500 places pour 80 000 jeunes). Le marché des places d’apprentissage est donc encore loin du niveau qui lui permette de fonctionner. En effet, les experts estiment que l’offre en place d’apprentissage doit être durablement supérieure d’au moins 15 % à la demande, afin que les jeu­nes soient placés face à un réel choix professionnel. Difficile en effet de choisir son métier s’il y a plus ou moins exactement le même nombre de place que de postulants.
19 000 jeunes n’ont toujours aucune solution pour la rentrée. L’expérience montre que plus de la moitié d’entre eux seront contraints de patienter une année supplémentaire dans une solution tran­sitoire. Au final, près de 10 000 jeunes ne parviendront pas à entrer en formation professionnelle. Ces chiffres corroborent une enquête de l’hebdomadaire «Sonntag» (25 mai) menée dans 11 can­tons (pas Vaud), qui annonçait 9300 jeunes sans places d’apprentissage. La file d’attente de la formation pro­fessionnelle ne diminue donc pas, malgré la bonne conjoncture et le reflux démographique.

L’aide sociale pour seul plan de carrière?

Bien des jeunes sont menacés de ne jamais trouver de place de formation et se retrouver abonnés à l’aide sociale pour une longue durée, si ce n’est pour toute celle de leur carrière professionnelle. Il ne faut pas oublier que les jeunes sont toujours trop nombreux à l’aide sociale: Les 18-25 ans et les 26-35 ans y sont même les groupes les plus représentés, comme le relevait lundi le fonds national.  
Le sondage de l’OFFT montre en outre que, dans de nombreuses branches, par exemple l’informatique, la vente, la communication visuelle, la santé et le social, l’offre en places d’apprentissage ne parvient pas à suivre la demande, une situation qui ne s’est guère améliorée depuis l’an passé. Le marché des places d’apprentissage reste donc déséquilibré, signal inquiétant à l’aube d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.
 

Les solutions? Toujours les mêmes (ce n’est pas la première fois que je traite du sujet sur ce blog…):

  • Soutenir les entreprises formatrices grâce à des fonds pour la formation professionnelle (qui progressent: une votation est agendée cet automne à Zürich et le Tessin va lancer un projet).
  • Mettre sur pieds des années d’apprentissage de base, notamment dans l’industrie, branche qui subit une importante pénurie de main d’oeuvre qualifiée, mais oû l’apprentissage coûte cher. Une année d’apprentissage de base permettrait de baisser les coûts de formation, en concentrant les cours théoriques sur la première année d’apprentissage.
  • Renforcer les écoles professionnelles à plein temps. Il y a certes un peu plus de places d’apprentissage, mais le nombre d’entreprises formatrices stagne. Il faut donc que l’Etat prenne ses responsabilités et renforce ses propres offres de formation.

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