L’UDC se prend les bottes dans le tapis.

Aujourd’hui au Grand Conseil, le groupe UDC a su démontrer sa maîtrise des dossiers importants, ainsi que sa cohérence interne. Il développait un postulat demandant que le canton prête 1 milliard de francs à la Confédération, pour financer la 3ème voie CFF Lausanne – Genève, mais aussi un élargissement de l’autoroute sur le même tronçon. Ce postulat était avant tout destiné à contrer un autre postulat déposé par le groupe socialiste et contresigné par… tous les autres groupes (à l’exception bien sûr du parti blochérien), demandant d’étudier un préfinancement cantonal du tronçon ferroviaire. Bon, l’UDC a parfaitement le droit de n’être d’accord avec personne, de refuser une union sacrée des vaudois pour ce dossier important ou de s’engager pour augmenter l’engorgement et la pollution autoroutiers.
Mais l’UDC aurait dû en préalable se renseigner… auprès de ses propres élus aux chambres fédérales avant de déposer son texte. En effet, André Bugnon a déposé à Berne une motion, cosignée par tous les élus UDC vaudois, laquelle demande à ce qu’on s’engage pour la 3ème voie ferroviaire et que l’on évite d’élargir l’autoroute, car ce serait notamment une augmentation de CO2 incompatible avec les objectifs du protocole de Kyoto. Bon, alors, ils sont pour ou contre l’élargissement de l’autoroute?
La meilleure conclusion de cette histoire vient du chef du groupe radical Frédéric Borloz, pour lequel «l’UDC n’a rien compris au dossier» et que son postulat est «irréaliste». Ou alors du chef du groupe libéral Jean-Marie Surer, qui pense que l’UDC a été «sotte» sur ce coup…

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Une heure plus tard, rebelotte. François Brélaz, député UDC, annonce qu’il soutient l’imposition à forfait des riches étrangers. Que cet impôt rapporte 160 millions par an et que, s’il n’existait pas, c’est la classe moyenne qui passerait à la caisse. Comme quoi l’UDC peut être favorable à des privilèges pour certains étrangers.
Or, quelques années plus tôt, le même François Brélaz trouvait cet impôt à la dépense «indécent» et était choqué par le fait que les «vaudois de la classe moyenne payent des impôts sur l’entier de leurs revenus pendant qu’un Michael Schumacher verse au fisc un montant qui correspond pour lui à peine à de l’argent de poche». On espère pour M. Brélaz que c’est seulement sa mémoire qui flanche.

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En début d’après-midi, re-bourde. Eric Bonjour, député UDC, recommande au Grand conseil «d’entrer en matière» sur le projet de vente des actions de la BCV. Malheureusement pour lui, il fait son intervention alors qu’on en est au débat… final et que l’entrée en matière a été décidée la semaine précédente.

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Et en fin d’après-midi, la section vaudoise du parti de M. Blocher a enfin résolu son dilemne concernant Harmos (que j’évoquais la semaine passée). Comment? En coupant la poire en trois: 9 oui, 9 non, et le reste s’abstient. Comme ça, personne ne sera mécontent; les zurichois (qui exigent le non) parce qu’on a obéi (du moins en partie) aux ordres, les commissaires (qui prônaient le oui) qui n’ont pas été désavoués par tous leurs collègues et les adversaires de l’UDC, qui ont passé un bon moment.

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