Pas de congé paternité pour le personnel de l’Etat de Vaud: dommage!

Le grand conseil a malheureusement jeté hier aux oubliettes une motion de l’ancienne députée PS Mariella Muri-Guirales qui proposait d’introduire un modeste congé paternité d’un mois (dont dix jours payés) pour le personnel de l’Etat. Pourtant, le congé paternité, soutenu par une part de plus en plus importante de la population, est l’expression de l’évolution de notre société et du marché du travail. Le partage des rôles dit traditionnel (maman aux fourneaux, papa au boulot) appartient au millénaire précédent et l’heure est tant une participation égale des pères à l’éducation des enfants et aux tâches ménagères qu’à l’intégration des mères sur le marché du travail. Le congé parental est aussi un moyen d’augmenter le taux de natalité.


Les employeurs sont de plus en plus nombreux à faire bénéficier leurs employés d’un congé paternité, même s’il est vrai que ces progrès sont encore très modestes. Notre canton a raté hier une belle occasion de prendre le train en marche avant qu’il ne soit trop tard. La pénurie de main d’œuvre qualifiée qui sévit dans plusieurs branches menace en effet de s’étendre. Pour recruter du personnel, l’Etat se doit d’être un employeur attrayant et offrir un congé paternité fait désormais partie des conditions pour être un tel employeur.
Cela dit, bien des membres des partis bourgeois n’ont visiblement pas encore compris ou voulu comprendre l’évolution de la société. Tel ce député radical qui préconise que les pères prennent leur congé paternité sur leurs vacances (mais peut-être oublie-t-il que, selon l’art 329c al. 2 du code des obligation, c’est l’employeur qui fixe les dates des vacances et que celles-ci doivent être consacrées au repos…). Telle cette députée UDC, qui prétend que le père n’a pas à s’occuper de ses enfants, surtout pas jusqu’après la naissance, et que c’est à la seule mère que revient cette tâche…
Les adversaires du PS l’accusent souvent de conservatisme. L’exemple du congé paternité montre une fois de plus non seulement que c’est totalement erroné, mais aussi où se trouvent les véritables conservateurs.

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Lors de cette même séance d’hier, suite à cette révélation du «Matin dimanche», j’ai déposé la question suivante, à laquelle le Conseil d’Etat devra répondre la semaine prochaine.

Question orale: Quelles conséquences suite à la fermeture du centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC)?

Le grand conseil genevois a décidé, sur proposition d’un élu UDC proche des milieux intégristes catholiques, de supprimer une subvention annuelle de 200’000.—Fr. au CIC. Ce centre est soutenu par le canton de Vaud et collabore souvent avec l’administration cantonale, notamment fiscale, le SPJ, la police du commerce, ainsi que des écoles, écoles professionnelles, gymnases et hautes écoles. 28% des demandes au CIC proviennent du canton (source: rapport 2006 du CIC). Le CIC fournit un travail d’information très utile notamment au sujet des sectes et des mouvements fondamentalistes religieux, mais aussi sur des questions d’actualité touchant à la religion, p. ex. le port du voile.
Ma question est donc la suivante: Quelles seraient les conséquences d’une fermeture du CIC pour le canton?

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