Vers une reconquête socialiste

Le parti socialiste suisse a quatre ans pour regagner l’électorat et les sièges perdus le 21 octobre dernier. Suite à ma réaction à chaud, voici quelques pistes que je tire des réflexions et discussions de ces derniers jours, notamment des commentaires postés sur mon blog.
La reconquête doit être l’œuvre des socialistes eux-même. Car ce n’est pas seulement le budget de campagne de l’UDC ou l’aide indirecte d’Al Gore et de Nicolas Hulot aux verts qui ont coulé le PSS. Mon parti doit sa défaite avant tout à lui même. Et retrouver un profil clair et facile à comprendre. Hans-Jürg Fehr l’a d’ailleurs bien dit dans la Wochenzeitung de la semaine passée: «L’électeur sait tout de suite que UDC = contre les étrangers et verts = pour le climat. Mais PS= ?, il n’en sait rien…».
La reconquête doit à mon avis s’articuler sur trois axes: présence gouvernement, défensive et offensive.

Des ministres comme chef-fe-s de campagne, des chef-fe-s de campagne comme ministres!
Le PS a des ministres populaires. Tant Micheline Calmy-Rey que Moritz Leuenberger dépassent 70% d’opinions favorables. Ce qui n’a pas empêché la débâcle des élections fédérales. Dans de nombreux cantons, même lorsque les ministres socialistes sont réélus, et même bien réélus, le parti perd des sièges dans les parlements. Ainsi, les 17 sièges perdus à ZH n’ont pas empêché la réélection dans un fauteuil des deux conseillers d’Etat socialistes. A GE, le parti n’a pu limiter ses pertes au législatif cantonal que grâce à la disparition de l’extrême-gauche (ce qui s’est vérifié le 21 octobre), mais conservé sans problèmes ses deux représentants à l’exécutif. Et, à Berne, le PS a même gagné un siège au gouvernement, mais perdu des sièges au parlement. Disons-le tout net: des ministres populaires ne servent à rien s’ils ne favorisent pas le succès du parti.
D’autres ont montré que l’on peut avec succès conjuguer présence au gouvernement et victoire dans les urnes. L’UDC, en plaçant M. Blocher au conseil fédéral, a gagné les élections, alors que tout le monde prédisait qu’elle avait atteint son zénith. Sans tomber dans les travers anti-démocratiques, anti- Etat de droit et anticollégiaux du tribun zurichois, le PS peut, et désormais doit, faire la même chose. Mais avec des ministres d’une autre trempe.
Le PS doit à mon avis n’envoyer que des chefs de campagne au conseil fédéral (ou dans les gouvernements cantonaux). Le ou la future président-e du PSS doit être aussi le ou la prochain-e candidat-e socialiste à l’exécutif. L’UDC a réussi à imposer celui qui est de facto resté le maître de ce parti, le PSS doit en tirer les leçons.
La participation du PS au conseil fédéral a toujours été très controversée au sein du parti. J’y ai d’ailleurs été opposé. Mais le succès de la stratégie du parti de M. Blocher montre qu’une participation au gouvernement peut être un moyen de faire avancer ses idées tout en conservant un profil clair pour le parti. L’expérience vaudoise montre que c’est possible: les deux conseillers d’Etat PS sont en phase avec le parti, participent activement à ses campagnes et en sont à la foi les porte-drapeaux et les inspirateurs.

Deux conseillers fédéraux inutiles
Le tableau est tout autre au conseil fédéral. Moritz Leuenberger est plus visible quand il critique le parti, ses positions ou valeurs (par exemple le droit de grève) que lorsqu’il défend des projets dont le PSS pourrait tirer bénéfice. Et, après la défaite, Moritz plastronne tout de même et poignarde une nouvelle fois ses camarades dans le dos en prétendant que , malgré la défaite du PS, la progression d’autres partis, entre autres des verts, fera que la cause de l’environnement s’améliorera lors de la nouvelle législature. Et cela alors même que le PS se positionne légitimement comme le parti qui en fait le plus pour l’écologie! La présence d’un tel homme au gouvernement est à mon avis devenue carrément nuisible au parti. Quant à Micheline Calmy-Rey, si j’ai de l’admiration et du respect pour son action de conseillère fédérale et de présidente de la Confédération, force est de constater que sa popularité n’a en rien servi le parti. Et elle non plus ne s’est pas privé de critiquer sa formation en public. Autre conclusion: les élus socialistes doivent s’engager à ne critiquer le parti qu’à l’interne. C’est possible et c’est d’ailleurs nécessaire. Le PS est un parti démocratique ou la critique est admise. Mais lorsque le déballage a lieu sur la place publique, il est nuisible.

Briguer les départements-clef
Sécurité et environnement sont les deux thèmes en vogue, parce que ce sont ceux qui préoccupent le plus les citoyens. Le parti ne doit pas se demander si ces préoccupations sont légitimes ou fondées. Mais il doit les prendre au sérieux et surtout y apporter des réponses. Le PS a des réponses, même en matière de sécurité, quoiqu’en disent certains. Mais il a de la peine à les rendre visibles, même quand certains de ses membres, p. ex. la Dame aux Caméras de Winterthur, Chantal Galladé ou le Horatio Cane zurichois Daniel Jositsch lancent quelques idées absurdes sur le sujet.
Le PS doit donc à mon avis revendiquer les départements qui traitent de ces sujets, dans les villes et les cantons. En effet, ces départements sont souvent laissés aux verts (l’environnement) ou à la droite (la sécurité). Cela doit changer. Le public doit pouvoir se rendre compte ce qu’est une politique socialiste de la sécurité et de l’environnement. Certes, des socialistes occupent déjà ces départements, par exemple Laurent Moutinot à Genève (sécurité) et Moritz Leuenberger (encore lui) au conseil fédéral. Mais à nouveau, ils sont peu en phase avec le parti et ne se comportent pas en chefs de campagne. C’est en tout cas l’impression que donne Laurent Moutinot lorsqu’il n’empêche pas le coup de M. Zapelli contre Rhino.
Le PS doit aussi s’affirmer sur ces sujets. Il doit clamer haut est fort que la sécurité exige un Etat fort et que tout le monde a le droit de vivre dans un environnement sain, pas seulement ceux qui ont les moyens de se le payer ou les ascètes-fundi.

La défensive, ce n’est pas un gros mot. Et ce n’est pas forcément conservateur.
Nous avons perdu les élections et sommes plus que jamais en minorité. Malgré les gains verts (sans compter l’arrivée de verts centristes), le nouveau parlement est plus à droite que l’ancien. Nous avons donc le droit d’être sur la défensive. Nous en avons aussi le devoir. Car les victimes de ce glissement à droite seront les gens que nous défendons: les salariés, les milieux défavorisés, les jeunes, les retraités, les familles. Ce n’est ni archaïque, ni conservateur, ni obsolète d’être sur la défensive. A moins que le retour au libéralisme sauvage du XIXème siècle ne soit le summum de la modernité, mais j’en doute.
Le parti socialiste doit donc –et, j’en suis persuadé, va– défendre (entre autres):
• L’AVS. Nous devrons nous battre contre les réductions des rentes, l’élévation de l’âge de la retraite et le de pillage du fond de compensation l’AVS au profit de l’AI, car cela affaiblirait l’AVS et donnerait de l’eau au moulin des partisans du démantèlement. Il faut aussi casser le mythe dominant qui prétend que l’AVS sera bientôt ruinée et que les rentes des générations actuelles ne pourront pas être assurées. Les calculs de l’USS (les graphiques qui vont avec (ppt)) démontrent qu’au contraire, l’AVS repose sur des bases solides. Pour longtemps.
• Le 2ème pilier. Nous devrons nous opposer à toute réduction du taux de conversion. Les assureurs privés n’attendent en effet que ça pour arrondir leurs fins de mois sur le dos des retraité-e-s.
• Le service public: Nous devrons refuser les privatisations: Swisscom (proposition défendue jusque chez certains verts, dont le nouvel élu bernois Alec von Graffenried), la SUVA (proposition de l’UDC), sécurité publique, financement hospitalier (les assureurs-maladie, revigorés par leur victoire contre la caisse unique et sociale, n’attendent que ça).
• L’Assurance-maladie. L’UDC a lancé une initiative pour couper dans les prestations et le parlement lui prépare un contre-projet qui ne sera guère mieux.Il faudra s’opposer à la fin du libre choix du médecin ainsi qu’à l’emprise croissante des assureurs sur le système de santé.
• Les finances publiques. La droite tente de camoufler les cadeaux aux gros actionnaires de la «réforme de l’imposition des entreprises II» sous le paravent du «soutien aux PME». Elle tente de vider les caisses de l’Etat et de couper dans les prestations, par exemple dans la recherche comme le revendique l’UDC. Par exemple, Adrian Amstutz, un des favoris à la présidence du parti de M. Blocher, le dit clairement dans la «NZZ am Sonntag» de dimanche passé: «il faut affamer l’Etat en baissant les impôt pour le forcer à faire des économies». Un Etat moderne, social, écologique et sûr a son prix et nous devons nous battre pour que l’Etat ait les moyens de ses ambitions.

Offensive!
Mais ce n’est pas en étant sur la défensive que nous gagnerons. Lors de la législature 2003-2007, nous avons gagné les référendums les plus importants, contre la 11ème révision de l’AVS et contre le paquet-fiscal, mais sans en tirer de bénéfices électoraux (au contraire, ce sont ceux qui soutenaient ces projets qui ont gagné). Lors de la campagne pour les élections fédérales, nous avons focalisé sur M. Blocher et, au final, aucune de nos propositions n’a été discutée. Nous devons donc être plus offensifs et mettre en avant nos propositions:
• Pour l’AVS. Il faut une retraite flexible adaptée aux besoins de la population. En effet, plus d’un salarié sur deux ne travaille plus à l’âge de 64 ans. Mais la retraite anticipée sans réduction drastique du niveau de vie reste un privilège des riches. En outre, un salarié sur deux n’a pas de deuxième pilier et la croissance des emplois précaires ne va pas inverser cette tendance. Il faut plutôt renforcer l’AVS, au financement solidaire.
• Pour l’AI: Il faut responsabiliser les entreprises, car ce sont elles, en durcissant les conditions de travail, qui produisent la plupart des invalides, sans en engager, alors qu’elles prônent la réinsertion. Le refinancement de l’AI doit se faire par une cotisation patronale.
• Pour le 2ème pilier: Il faut améliorer les droits des salariés au sein des caisses de pensions. Celles-ci gèrent des milliards, mais les personnes concernées n’ont que très peu leur mot à dire. Et parfois, elles investissent dans des fonds de spéculation qui détruisent des emplois.
• Pour la protection des salariés: Il faut introduire une assurance-maladie perte de gain obligatoire pour tous les salariés et les indépendants et vu la tendance qu’ont les assureurs privés de se retirer de cette branche, créer une assurance sociale.
• Pour la formation continue: Tous les salariés, pas seulement les salariés bien payés ou occupant des fonctions dirigeantes, doivent avoir droit à au moins 5 jours de formation continue payés par an. Et l’Etat doit participer au financement de la formation continue.
• Pour des salaires décents. Nous devons nous battre pour l’instauration d’un salaire minimum décent. Nous ne devons pas tolérer qu’il y ait autant de travailleurs pauvres alors que l’économie tourne à plein régime. Nous devons aussi nous battre pour que tous les salariés reçoivent leur part des fruits de la croissance, sous la forme d’augmentations salariales. Il n’y a aucune raison pour que seuls les actionnaires et les managers tirent bénéfices du travail de tous! Il faut aussi développer les mesures de lutte contre la sous-enchère salariale. Et faire enfin appliquer le principe de l’égalité salariale entre femmes et hommes.
• Pour une meilleure sécurité, grâce à un Etat fort. La sécurité est une tâche de l’Etat, qu’il ne peut accomplir que s’il a les moyens nécessaires à la prévention comme à la répression. Et, au moment de fixer les priorités, il faut allouer plus de moyens pour pourchasser les véritables criminels, y compris (et surtout) en col blanc, plutôt que pour traquer les sans-papiers ou les réfugiés.

Ce billet est très long, j’en conviens. Mais les défis auxquels doit faire face le parti socialiste exigent une large réflexion. Mon texte est d’ailleurs loin d’être exhaustif, notamment au niveau des propositions offensives. Je ne peux d’ailleurs que vous recommander de lire les avis analyses et propositions d’autres socialistes (p. ex. celui de Lyonel Kaufmann, de Christian Levrat, ou de Jean-Claude Rennwald mais il y en a d’autres). Il n’est pas définitif non plus et ne demande qu’à être enrichi de vos commentaires critiques. Le débat est nécessaire et il sera passionnant. Merci d’avance.

7 réflexions au sujet de « Vers une reconquête socialiste »

  1. Je partage très largement ton opinion sur les différents points. Certains devant ensuite être débattus pour dégager quelques lignes de force. Une fois ces lignes de forces définies et avalisées, il sera impératif de ne pas en dévier (fini de jouer en solo) et de les décliner à tous niveaux, car c’est aussi une des forces de l’UDC. En effet, du haut en bas du parti, ces lignes de force à l’UDC sont connues et relayées inlassablement pour finir de s’imposer. Il n’y a pas (ou très peu) de trublions individuels et ces derniers sont vite marginalisés.
    Bien évidemment nous devons différer de ces pratiques en permettant un (large) débat interne avant la définition de ces lignes de forces et nous devrons nous assurer que nos lignes de force soient diversifiées pour permettre aux deux tendances fortes de notre parti de pouvoir s’y reconnaître (je l’avoue ce sera parfois plus facile à dire qu’à faire, mais la claque prise en octobre devrait être salutaire).
    Après nous devrons décliner ces lignes de force (ou axes) inlassablement à tous les niveaux.

    Je reste un peu partagé cependant sur le fait que la/le futur-e président du PSS soit notre prochain-e candidat-e au Conseil fédéral et qu’il en soit également ainsi pour les exécutifs cantonaux. J’en comprends les raisons, mais je ne sais pas jusqu’à quel point il s’agit pour nous de « singer » nos adversaires. Il ne faut pas oublier que la démarche choisie par l’UDC est clairement la démarche choisie par tout parti populiste. Il faut que nous parvenions également à montrer que nous faisons la politique d’une autre manière et que c’est aussi cela qui distingue la gauche de la droite.
    Par ailleurs, ce type de démarche amène/peut amener à ce que le parti en fait soit confisqué par une personne (ce qui est le cas de l’UDC) en fonction de ses desseins personnels.
    Plus fondamentalement, c’est le fait que nous regroupons deux tendances fortes qui me rend dubitatif sur la question. Il s’agit de mettre en avant des personnalités qui les incarnent fortement des deux côtés de la Sarine.
    Pour le Conseil fédéral, je te suis relativement à nos conseillers fédéraux. Cependant, je fais le constat que l’UDC est également représentée au conseil fédéral par un conseiller fédéral qui se retrouve en marge de son parti. Paradoxalement, je trouve que cela a servi l’UDC en faisant notamment croire qu’il existait encore une aile modérée dans ce parti, voire au fur et à mesure qu’une opposition interne était encore possible.

  2. Salut Lyonel,

    Les points que tu soulèves sont pertinents. Je pense cependant que le danger de récupération personnelle, s’il existe, est bien moindre au PS, habitué des débats démocratiques en congrès ou en assemblées des délégué-e-s, qu’à l’UDC, où les AD ne sont que des chambres d’enregistrement des décisions du chef. Je ne pense pas non plus qu’il s’agisse de singer nos adversaires, mais plutôt de reprendre, certes selon nos méthodes et avec nos valeurs, leurs recettes qui fonctionnent. Mais il est clair qu’il faut le faire avec des pincettes. Ainsi, pas question de récupérer les méthodes populistes de diffamation du conseil fédéral, de l’administration, du ministère public ou des tribunaux, de ruptures du secret ou de la collégialité, etc. qu’applique Christoph Blocher. Il n’y a d’ailleurs pas que l’UDC; le PDC a fait la même chose avec Doris Leuthard. Mais il est vrai que la situation de ce parti était tellement catastrophique qu’il s’agissait plus de pousser une sorte de « messie » au gouvernement que de réellement rénover le parti.

    Je pense aussi que porter des réel chefs de parti à la présidence aurait en outre l’avantage de ne pas se priver de talents qui parce qu’ils visent le conseil fédéral, renoncent à briguer la présidence, parce que cela réduirait leurs chances à néant. La situation actuelle profite à des gens comme Simonetta Sommaruga, qui ne pourraient jamais être élus à la présidence vu leurs positions (qui restent, j’en suis persuadé, très minoritaires au sein de la base du PS), mais qui en tirent avantage, car cela leur permet d’attendre leur heure en vue de l’élection au conseil fédéral, où, s’ils venaient à être élus, ils risqueraient de se comporter comme Moritz Leuenberger.

  3. J’aurai presque envie de traite d’angélisme le moindre risque de récupération personnelle du PSS par rapport à l’UDC. La situation du PS français forme en effet un contre-exemple saisissant…
    Par contre, tu marques un point relativement au parcours d’une Simonetta Sommaruga. Reste néanmoins une petite nuance pour l’élection au Conseil fédéral : les candidat-e-s restent élus par les Chambres et non par leur parti respectif… ce qui permet toujours aux bourgeois de faire ré-entrer Simonetta Sammaruga par la fenêtre

  4. Avec la situation du PS français, c’est toi qui marques un point. C’est vrai qu’une trop forte focalisation sur une personnalité ,qui s’est avérée être plutôt une joueuse en solo, a contribué à leur défaite et à l’état inquiétant dans lequel nos camarades se trouvent. Cependant, ils étaient à la base dans une situation bien pire que celle que vit le PSS actuellement, avec la défaite face à le Pen et le départ pour le moins abrupte de Jospin… Mais je ne pense pas qu’une pareille aventure pourrait nous arriver en Suisse: Jamais nous ne ferions l’erreur de brader l’adhésion au parti juste avant la désignation de la présidence comme l’ont fait les français.

    Au sujet de l’élection au CF, je pense aussi que PSS doit en finir avec les candidatures multiples, même si cela contribue à l’équilibre entre les différentes ailes du parti. Car cela signifie que l’on laisse le choix au parlement bourgeois. Je pense au contraire que le PS, là encore à l’instar de l’UDC, doit choisir lui-même son candidat et présenter un-e candidat-e officiel-le unique. Et je suis sûr que Simonetta ne serait pas candidate contre l’avis du parti, ou qu’en tout cas une présidence forte pourrait l’en dissuader. Mais bon, cela reste une hypothèse…

  5. Très intéressant ce débat…

    Sur la plupart des points je suis tout de même d’accord avec jc même si tous les deux avez de très bons arguments !

    Il y a cependant, une chose sur laquelle je ne suis pas d’accord avec toi jc, c’est concernant les deux ailes du parti… Tout d’abord, l’aile dite moderniste n’est pas moderniste pour un parti comme le PS puisqu’elle s’embourgeoise… Elle pourrait être considerée comme moderniste dans un parti comme le PDC ou le PRD puisque cette aile tendrait à amener le parti vers la gauche… enfin bref simple question de dénomination…

    D’autre part, on peut tout à fait avoir plusieurs courants dans un parti mais là tout de même, c’est quand même un peu exageré ! Je ne trouve pas normal que des socialistes défendent l’emprissonnement dès l’âge de 14 ans ! Je pense que la notion de courant est donc bien dépassée et qu’une sérieuse remise en question doit être entreprise…

    Que pensez-vous de l’idée de séparer le PSS en un PS romand et un PS suisse-allemand… personnellement je n’y suis pas forcément favorable mais j’aimerais avoir votre avis sur cette question !

    Bonne soirée

  6. Salut Loïc,

    Je ne pense pas que cela soit une bonne idée de séparer le PS en deux. Déjà parce que le PS doit revendiquer d’être un parti généraliste d’audience nationale.

    Mais surtout, parce que les différences entre romands et alémaniques ne sont pas aussi grandes que les médias veulent bien le dire. D’ailleurs, ils n’ont de cesse de les monter artificiellement en épingle, parce que les dissensions au sein du PS, ça fait vendre. Mais il est vrai que certains camarades leur donnent malheureusement du grain à moudre par pur soucis de profil personnel.

    Je pense que les valeurs socialistes sont comprises de la même manière en Romandie et en Suisse alémanique (et au Tessin!). Parfois, les avis divergent sur façon de les mettre en application, mais cela vient plutôt des divergeances entre les différentes ailes socialistes, qui existent depuis la création du parti et existeront toujours (et dont le PS tire, il faut le reconnaître, une certaine force). Cela n’est pas un problème culturel entre romand et alémanique, mais un problème intrinsèque à la sociale-démocratie.

    Je pense que l’aile plus centriste existera toujours au sein du PS, mais que nous devrons veiller à ce qu’elle ne deviennent jamais majoritaire ou dominante, comme en Allemagne ou en Angleterre!

    Et n’oublions pas que les autres partis ( à l’exception de l’UDC) sont beaucoup plus divisé que le PS: Les différences sont bien plus grandes entre une verte de gauche comme Anne-Catherine Ménétrey ou un vert centriste comme Daniel Brélaz, entre un PDC genevois et un PDC de Suisse centrale, entre un radical vaudois et un membre de la Stahlfraktion zurichoise qu’entre Pierre-Yves Maillard et Simonetta Sommaruga

  7. Sur le point soulevé par Loïc, je rejoins pleinement Jean-Christophe.

    J’y ajouterai un élément. Nous voyons très clairement la montée en puissance d’une scène politique nationale centralisée au détriment de l’addition d’élections/campagnes cantonales aboutissant à un résultat fédéral. Une scission romands/suisses alémaniques irait totalement à contre-courant.

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