Je n’irai pas à la journée officielle du Comptoir recevoir M. Blocher

La journée officielle du Comptoir Suisse est un must pour les élu-e-s vaudois-e-s. Les député-e-s y sont invité-e-s. J’ai donc reçu un carton d’invitation, invitation que je me vois contraint de décliner. A regrets, car j’aime beaucoup y déguster toute sortes d’excellents produits du terroir (pas que des pâtés 😉 ). Cependant, je ne suis pas prêt à cautionner par ma présence la présence de M. Blocher. Certes, il s’agit d’un conseiller fédéral démocratiquement élu. Certes, c’est le bon droit du Comptoir de l’inviter, lui ou un autre membre du gouvernement. Mais son action a révélé, pour autant que cela soit encore nécessaire, à quel point M. Blocher méprise Etat de droit et institutions démocratiques. En outre, les récentes campagnes sciemment xénophobes de son parti démontrent à quel point notre démocratie est en danger tant que de tels personnages seront aux commandes.

Ce boycott fait de la pub à M. Blocher et à ses sbires et sert donc leurs intérêts, me rétorquera-t-on. Peut-être, mais peu me chaut. C’est ne rien dire ou ne rien faire face à ces attaques qui serait à mon avis coupable. J’espère que le dégoût que commencent à inspirer M. Blocher et la politique de l’UDC dans les rangs de la droite modérée (p. ex. M. Schwaller, chef du groupe PDC aux chambres, ou au sein des libéraux et des jeunes libéraux vaudois) s’étendra et se transformera en actes, c’est-à-dire la fin des apparentements, alliances électorales et autres listes communes avec toute section de l’UDC qui ne se distanciera pas clairement et des propos anti-démocratiques ou diffamatoires de son mentor ainsi que des campagnes orchestrées par la direction nationale du parti. La droite française ne transige pas avec le FN et joue toujours le jeu du « front républicain ». Marginaliser l’UDC est donc possible. Et nécessaire.

Plutôt que de me rendre à la journée officielle du Comptoir le 18 septembre, j’ira plutôt manifester (Lausanne, place de la Palud, 17h30) et signerai le manifeste de SOS-racisme « le racisme ne passera pas par moi (pdf).

10 réflexions au sujet de « Je n’irai pas à la journée officielle du Comptoir recevoir M. Blocher »

  1. La campagne de l’UDC est clairement raciste et tu reproches avec raison à Blocher de violer certains usages de l’Etat de droit et les règles gouvernementales au Conseil fédéral (par exemple la collégialité). Mais ne penses-tu pas que tu te trompes de cible en refusant d’honorer ton invitation au comptoir à cause de la présence de Blocher, qui est représentant du Conseil fédéral et non de l’UDC? D’après ce que j’ai lu dans la presse, ce n’est pas Blocher qui a reçu une invitation, mais le CF, qui a décidé d’envoyer l’un de ses membres comme représentant. Ce n’est donc pas l’UDC que tu « combats » par ce geste, mais bien le Conseil fédéral, qui mériterait plutôt d’être soutenu ces derniers temps…

  2. Tu as raison, ce n’est pas M. Blocher que le comptoir a invité, mais un représentant du Conseil fédéral. Si cela avait été n’importe quel autre, j’y serai allé sans arrière pensée. Même s’il s’était s’agit d’une personne dont je ne partage pas du tout l’avis, p. ex. MM. Schmid, Merz ou Couchepin. M. Blocher, c’est autre chose. Il a manifesté un tel mépris pour sa fonction qu’il ne mérite à mon avis pas de la représenter officiellement.
    Mais cela n’empêche pas que je soutienne les déclarations courageuses de certains conseillers fédéraux, notamment celle de M. Couchepin. J’espère qu’elles auront un tant soit peu d’impact auprès de son parti lors de l’élection du CF!

  3. De la parole aux actes ?
    Le 18 septembre, avant de manifester, j’espère que, comme député, vous siégerez au Grand Conseil et lors de l’élection des deux derniers membres de la Cour des comptes, vos collègues et vous-même soyez conséquents dans vos choix…
    Il y a déjà un radical, un socialiste et une verte d’élus, pourquoi pas un candidat apolitique mais compétent plutôt qu’un qui apprécie les affiches nauséabondes ?
    Merci d’avance

  4. Pourquoi une manif contre la venue de M. Blocher? Facile à expliquer:
    -M. Blocher menace la démocratie (voir mes billets sur le sujet)
    -Il n’a donc pas sa place au Conseil fédéral
    -Mon moyen pour signifier à M. Blocher qu’il doit quitter le gouvernement et aux partis bourgeois dits modérés qu’ils ne doivent pas le réélire est de manifester, un droit démocratique élémentaire.
    -Et sa venue au comptoir est une occasion en or pour manifester!

  5. La Gauche au Comptoir de la Violence

    Lausanne, le 18 septembre 2007

    Madame, Monsieur,

    En ce mardi soir 18 septembre 2007, les Jeunes UDC-Vaud constatent que la gauche et l’extrême gauche sont complice d’une violence gratuite et haineuse.

    En effet, une manifestation contre la venue du Conseiller fédéral Monsieur Blocher a été organisée par les divers mouvements de gauches de notre canton. Arrivé aux portes du comptoir Suisse plusieurs individus se sont donnés à cœur joie en attaquant les forces de l’ordre et en brisant plusieurs vitres du Palais de Beaulieu.

    Les jeunes UDC-Vaud tiennent pour responsable de ces déprédations, les organisateurs de cette manifestation notamment les mouvements de gauche qui savaient pertinemment que cette manifestation allait dégénérer.

    Les Jeunes UDC-Vaud entendent les appels de ces quelques manifestants mais entendent aussi les appels d’une forte proportion de la population Suisse qui reste silencieuse. En effet, il devient de plus en plus dangereux malheureusement pour un militant et sympathisant UDC de s’afficher publiquement ou de faire campagne dans la rue sans craindre toutes sortes de représailles, même physique.

    Dans ce climat de politique scabreux, il est fort regrettable de constater que les Médias font passer l’UDC pour les « méchants » et les autres partis pour les « gentils ». Pour preuve, un militant UDC à été mordu jusqu’au sang ce samedi matin par un opposant sur un stand politique à la Place de la Palud à Lausanne.

    Les Jeunes UDC-Vaud demandent aux partis gouvernementaux important de gauche du canton de Vaud de lancer un appel à leur militant pour apaiser ce climat de haine qui est orchestré envers Monsieur Blocher et les militants UDC.

    Nous sommes dans une démocratie, le combat ne doit pas se faire dans la rue mais dans les urnes.

    Pour le comité des Jeunes UDC-Vaud

    Nicolas Dayer
    Vice Président Jeunes UDC-Vaud
    079 / 307 97 33

  6. Et bien M. Dayer, c’est justement parce que nous sommes en démocratie que le débat public peut se faire dans la rue. Le droit de manifester est garanti pas la constitution fédérale et compte au nombre des droits les plus élémentaires qu’un Etat de droit qui veut garantir la liberté d’expression se doit de protéger et de promouvoir.

    Votre commentaire sur la haine que l’on attiserait à l’encontre de l’UDC est symptomatique du danger que représente votre parti. Vous ne faites que souffler sur les braises que vous avez vous-même allumées par vos campagnes xénophobes. En outre, je me permets de préciser ce point: La gauche ne vise pas à instaurer un climat « de haine envers M. Blocher et son parti », mais à dénoncer leurs actions, qui ne respectent pas les règles de la démocratie et de l’Etat de droit.

    Enfin, je vous signale que si votre parti dénonçait le racisme et l’extrêmisme avec autant de vigueur que les organisateurs de la manifestation ont condamné la violence, cette manifestation n’aurait pas eu lieu d’être.

  7. « -M. Blocher menace la démocratie (voir mes billets sur le sujet)
    -Il n’a donc pas sa place au Conseil fédéral »

    Donc il faut juger non démocratique son élection au CF et l’en chasser. Pourquoi pas placer un socialiste démocratiquement de force à la place ?

    J’adore ce genre de petite perle : La démocratie c’est moi qui l’a définie et qui quand elle l’est. (quand ça me plait)

  8. Cher as, le démocratie, c’est le suffrage universel, mais c’est aussi l’Etat de droit et la séparation des pouvoirs. Ce n’est pas moi qui l’invente, c’est une définition comunément admise. Or M. Blocher, par son action gouvernementale et comme chef de file de l’UDC a maintes fois démontré qu’il ne respecte pas l’Etat de droit, ni la séparation des pouvoirs. Et qu’il est donc nuisible à la démocratie suisse. Son élection s’était certes déroulée de manière démocratique (comme sa non-réélection, d’ailleurs), mais son action était indigne de la démocratie qui l’avait pourtant porté aux plus hautes responsabilités.

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