Sondage RSR: L’intérêt des jeunes à la politique est-il vraiment si faible?

La radio suisse romande vient de lancer à grand bruit son sondage sur l’intérêt des jeunes à la politique. Elle tire une conclusion fracassante: «50% des jeunes trouvent la politique ennuyeuse». Ce qui est plutôt ennuyeux. En effet, la pérennité de notre démocratie est-elle garantie, si la moitié des futur-e-s citoyen-ne-s ne s’intéresse pas à la chose publique? Pire, la part des intéressés semble en recul depuis 1996 (56%). Autre constat plutôt inquiétant, plus l’on est formé, plus l’on a de l’intérêt pour les affaires publiques: les étudiant-e-s et gymnasien-ne-s votent plus et se préoccupent plus de l’actualité politique que les apprenti-e-s.
Mais au fond, tout cela ne contient rien de réellement nouveau. 50% d’intérêt? A comparer avec, bon an, mal an, 50% de participation aux scrutins…  Quant à l’adage «mieux formé, mieux informé », il ne vaut pas que chez les jeunes. Chez les moins jeunes aussi, on a tendance à plus s’impliquer à mesure que croît le niveau de formation.

Cependant, ce sondage révèle quelques conclusions plutôt intéressantes, qui devraient à mon avis plus secouer le cocotier que ces déclarations fracassantes:

A Gauche, à droite, au centre, mais pas n’importe où! 

La part des jeunes qui se dit apolitique décroît. Elle diminue même plus que de moitié en dix ans (de 37% en 1996 à 18% en 2007). Si les résultats de ce sondage se confirment, c’est une excellente nouvelle. La preuve que le rapport gauche-droite signifie quelque chose et que tous les commentateurs qui en appellent au «pragmatisme», à la fin des idéologies, à l’avènement du ni-à-gauche-ni-à-droite ou d’une génération «ipod» s’égarent. 

Les jeunes votent 

Autre constations intéressante, et même réjouissante : 66% des jeunes ayant le droit de vote en feraient usage (les pincettes sont de rigueur, car, comme le souligne à juste titre le sondage RSR, ce genre de réponse est toujours surévalué). De quoi battre en brèche le mythe des jeunes «désintéressés et dont il ne vaut même pas la peine de s’occuper, (parce qu’ils ne votent pas)». 

Les partis ne font-ils plus recette? 

Cela est confirmé par le fait que les jeunes sont engagés et savent se motiver pour une cause, surtout si elle est précise. Malheureusement, ils le sont plutôt dans les associations ou ONG que dans les partis. Cela n’est guère étonnant et les partis doivent donc maintenir leurs contacts avec le monde associatif. Ici, le PS part avec une longueur d’avance, vu son ancrage dans toutes sortes d’associations, p.ex. syndicats, associations de défense de l’environnement, des locataires, mouvements pacifistes, étudiants, altermondialistes. 

Les femmes

Enfin, une constatation assez navrante demeure: les jeunes femmes sont nettement moins intéressées à la politique que leurs homologues masculins (41% contre 57%). C’est plutôt inquiétant, surtout lorsque l’on assiste parallèlement la montée des mouvements réactionnaires prônant le retour de la femme à la maison, à l’instar des sorties récurrente du président de l’UDC suisse M. Mauer, ou de l’accession de M. Merz, adversaire du droit de vote des femmes au conseil fédéral. Un gros effort est donc à faire, afin que la parité s’installe au-delà des rangs du PS, seul parti à réellement promouvoir l’égalité. 

Pour télécharger le sondage de la RSR, cliquer ici.                                            

       

 

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