Elections à la japonaise (carnet de campagne apocryphe)

Lors d’un séjour de 10 jours au Japon (certains auront remarqué que j’ai répondu à certains commentaires sans accentuation, parce que les claviers d’ordinateurs de là-bas ne le permettent guère 😉 ), je suis tombé en pleine campagne pour les élections régionales et des gouverneurs de provinces. Et, dans le petit village de Shirakawa-go (perdu dans les montagnes et classé à l’UNESCO pour ses maisonnettes à toit de chaume, mais dont le saké ne vaut pas un bon Riex), je fus témoin d’une anecdote de campagne assez cocasse…

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Sur la photo, on peut voir le candidat Kalatari (j’espère que c’est bien comme ça qu’il s’appelle) sur son vélo à travers le village. Derrière lui, son minibus de campagne, avec à son bord quelques majorettes qui beuglaient des slogans qui devaient vouloir dire «merci de voter pour Kalatari!» (Enfin, c’est ce que je suppose, vu que je ne parle pas plus que trois mots et demi de japonais). Elles étaient armées de mégaphones, ce qui fait que TOUT le village les entendaient. Et pendant ce temps, M. Kalatari

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(sur la photo, c’est le type en bas à gauche, les deux du haut sont les candidat du parti libéral-démocrate au pouvoir et le celui en bas à droite celui des communistes) pédale et s’arrête pour serrer les mains des gens qu’il croise (pas moi, mais il a bien dû voir que je ne faisais pas partie des ses électeurs potentiels 😉 ). En Suisse, il aurait déjà été coffré pour tapage presque nocturne (ça se passe en début de soirée).

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Malheureusement, impossible de savoir si M. Kalatari a été élu. Je n’ai pas trouvé la moindre information sur les résultats électoraux qui ne soit pas en japonais. Mais vu qu’il était candidat hors-parti et que le parti au pouvoir s’est maintenu, je doute qu’il ait été élu. Quant à savoir si c’est une bonne chose ou pas, difficile à dire vu que je n’ai pas la moindre idée de son programme politique. Peut-être ses majorettes hurlaient-elles «non aux privatisations!» (un vrai fléau: à Tokyo, il y a deux réseau de métro et un billet de l’un n’est pas valable sur l’autre…). Mais peut-être aussi «vive l’ultralibéralisme!».

7 réflexions au sujet de « Elections à la japonaise (carnet de campagne apocryphe) »

  1. Lieber Jean-Christophe

    Denn Artikel werde ich auch auf meinem Blog verlinken – Wahlkampf mit Velo und Bus – das tönt ja nach wilden Verhältnissen (ob das in der Schweiz unter Lärmbelästigung bewilligungspflichtig wär?). Auf jeden Fall « Danke! » für die tollen Bilder und den Kommentar!

    rahel

  2. Durch Zufall hier gelandet (rahels blog). Und durch einen noch grösseren Zufall zur Zeit auch gerade in Japan und ähnliches gesehen – in und um Owariasahi-city (Aichi pref.).

    Gruss
    sophia

  3. Bonjour, j’étais à Shirakawa ce matin, et dans ma chambre (chambre 6 du Minshuku (pension) Issha, près du pont par lequel on arrive dans le village), il y avait un cahier dans lequel plusieurs Suisses avaient noté des commentaires en français, le dernier était très récent, c’est pê le votre?

    Je suis tombé sur votre blog en cherchant le résultat de l’élection. En fait cette élection vient de se terminer, ils ont commencer à compter à 21 heures, le 22 avril. Hier soir samedi était donc le dernier jour de campagne, et les camionnettes ont tournée en hurlant jusqu’au bout, jusqu’à l’heure légale, qui devait être probablement 20 heures, mais je ne suis pas sûr j’étais au onsen. Si je comprends le résultat je vous le donnerai. Il n’est pas encore tombé (à 22heures)

    Concernant les camionnettes qui passent en faisant du tapage en disant merci beaucoup de voter pour …, merci beaucoup, merci infinimenet… je comprends maintenant l’idée. C’est la même chose dans tous le Japon. J’habite à Nagoya (et je tape donc avec un clavier japonais…), et il y avait aussi des élection il y a un mois. En fait je pense que l’idée c’est que si on est capable de répéter des millier de fois merci merci merci, c’est qu’on sait faire preuve d’une grande abnégation. Si on peut faire ça alors on peut s’attaquer qux problèmes de sa ville avec la même abnégation, et arriver à faire de bonnes choses. Si vous ne comprenez pas ce que je veux dire, regardez le film Ikiru. De toute façon c’est un film à voir.

  4. En attendant le résultat de l’élection, si j’en croit mes connaissances en kanjis, ça devrait plutôt être kawakami, son nom. C’est bizarre je n’ai entendu que Taniguchi.

  5. Ca y est j’ai su. Taniguchi a gagné. Comme quoi son équipe de choc qui a tourné sans relâche dans le village jusqu’au dernier moment (« saigo no saigo made », qu’elle répétait) a bien fait.

  6. Merci à Nikora pour toutes ces précisions fort intéressantes! ça fait plaisir de comprendre (enfin) les détails!
    Tant mieux que le candidat ait gagné, cela démontre à quel point la mobilisation et une campagne un peu pugnace sont importantes. Mes camarades zurichois devraient en prendre de la graine… (voir http://www.schwaab.ch/archives/2007/04/16/zurich-il-faut-tirer-rapidement-les-lecons-de-la-debacle-socialiste/).

    En tout cas, le commentaire dont vous parlez n’était pas le mien, vu que j’étais au ryokan « koemon », un peu plus à l’intérieur du village… Mais j’y ai bien entendu laissé une inscription dans le livre d’or.

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