L’égalité des chances doit devenir un thème de campagne!

L’assemblée des délégué-e-s du PSS (samedi dernier) a adopté un plan pour l’égalité des chances dans la formation. Les médias n’accordant aux propositions concrètes des socialistes en général pas la même attention que les âneries xénophobes de l’UDC (la mode est plutôt à traiter le PS de «conservateur n’ayant rien à proposer»), les détails n’en sont que peu connus et l’égalité des chances est encore loin d’être un thème majeur de la campagne pour les élections fédérales. Dommage, car la lecture en est intéressante. Et elle démontre que les socialistes sont les seuls à promouvoir et défendre l’égalité des chances. La question est fondamentale: sans égalité des chances face à la formation, à quoi cela sert-il d’avoir des hautes écoles parmi les meilleures du monde, une économie de pointe qui requiert une main d’œuvre hautement qualifiée et de s’en enorgueillir, si une partie de la population en est exclue (et ne bénéficie donc en rien des colossaux investissements publics qui vont avec)?


Les délégué-e-s du PS ont pris notamment une décision importante, celle de ne pas entrer en matière sur un remplacement, même partiel, des bourses d’études par des prêts, comme le proposait –sous prétexte d’un pragmatisme à mauvais escient– l’égérie de l’aile droite du parti, Pascale Bruderer (CN/AG), sur ce point fidèle relais des propositions d’économiesuisse ou de l’UDC. La jeunesse socialiste, l’UNES et la jeunesse syndicale s’y étaient en tout cas vigoureusement opposées.
Cependant mes camarades de parti n’ont à mon avis pas juste sur toute la ligne; ils ont en effet admis, toujours sur proposition de Pascale Bruderer, de revendiquer que les bourses d’étude ne couvrent qu’un «minimum de 70%» des frais de formation, et non le 100%, ce qui serait logique. Or, si tous les frais ne sont pas couverts par des bourses, les étudiant-e-s seront forcés de travailler à côté de leurs études pour combler le reste. Ce qui en soit n’est pas une mauvaise idée et correspond à la réalité: plus de 80% des étudiant-e-s ont une activité rémunérée en plus de leur formation. Mais là où le bât blesse, c’est que les plans d’études se densifient de plus en plus, rendant ces activités annexe plus difficiles, si ce n’est impossible. Cette proposition n’est en outre pas compatible avec la promotion de la mobilité: comment exercer (ou conserver) une activité rémunérée, si l’on quitte son lieu de formation, par exemple pour étudier à l’étranger, pour six mois ou un an? Les élu-e-s socialistes devront donc se pencher plus sérieusement sur la question avant de transformer la résolution adoptée par l’AD en interventions parlementaires.

Pour télécharger la position de l’AD du PSS, c’est par ici

Pour les germanophones (et –philes), le commentaire de Rahel Imobersteg, présidente sortante de l’UNES et candidate PS/JS au conseil national dans le canton de Berne…

6 réflexions au sujet de « L’égalité des chances doit devenir un thème de campagne! »

  1. Lorsqu’un parti politique véhicule, au début du XXIème siècle, une idéologie remontant au XIXème, comment ne pas parler de conservatisme ? Le parti socialiste est la formation politique la plus rétrograde, la plus réactionnaire de Suisse, avec des thèmes désuets et ringards. C’est une évidence. Je m’étonne qu’un jeune comme vous s’embarque dans pareille nef vermoulue.

  2. @Pierre-Jean Lugrin: Libre à vous de considérer l’égalité des chances comme un sujet ringard ou désuet. Et, pour parler d’histoire, rappelez-vous que le socialisme est né en réaction au libéralisme, doctrine plus ancienne encore. Dans tous les cas, ça ne me gène pas que l’idéologie socialiste date du XIXème. Tout d’abord, parce que les problèmes qu’elle combattait au XIXème sont loins d’être résolus et doivent être combattus aujourd’hui aussi. Ensuite, parce que le socialisme a lui aussi évolué. Le combat pour l’égalité et la justice est tout ce qu’il y a de plus moderne!

  3. Permettez-moi de corriger : le socialisme est né face à une absence de doctrine. Keynes est quand même postérieur à Marx.

    Le socialisme a donc été une réaction au capitalisme sans doctrine. Le libéralisme une réaction au socialisme.

    Aujourd’hui, le « néolibéralisme » est réaction progressiste à la sorte de mixture socialo-libéralo-centriste qui gouverne le monde depuis des décennies et qui est politiquement, socialement et économiquement complètement ringarde, comme le relève Monsieur Lugrin, qui confond toutefois cette mixture, qui est le socialisme d’aujourd’hui, avec le socialisme historique du XIXème siècle. Le socialisme actuel n’a donc pas deux siècles de retard, mais une soixantaine d’années. Il est odnc moins périmé que ne le dit M. Lugrin, mais constitue néanmoins une force réactionnaire entravant le développment économique et social du monde occidental, et ocntribuant à sa paupérisation. Les électeurs ne s’y trompent d’ailleurs pas, puisque les partis socialistes actuels reculent nettement dans tous les pays développés, ou se transforment, comme en Grande-Bretagne, en force encore plus néolibérale que les conservateurs. Ce mouvement est sain, car il contribue au progrès économique et social. L’égalité des chances, pusique vous en parlez, est le pur produit fantasmagorique d’un socialisme dépassé, parlant une langue de bois. Vos propos montrent d’ailleurs qu’il ne s’agit pas vraiment d’une égalité des chances, mais de l’aménagement d’un confort d’études, qui n’a aucun rapport avec la véritable égalité des chances. Vous évoquez des questions d’emploi du temps, de séjours à l’étranger, qui ne ressortissent pas du fond des études elles-mêmes, mais du confort de leur aménagement.

    On voit ici la principale démonstration de la perversion auquel est arrivée le socialisme, transformé en doctrine ne visant finalement qu’à améliorer le confort d’une nouvelle petite bourgeoisie, fait d’étudiants, de fonctionnaires et autres assistés, rapaces sur ce qu’ils appellent leurs droits, mais qui ne visent qu’à augmenter leur bien-être sur le dos du peuple qui travaille vraiment.

    Gérald Flesch

  4. Je ne peux que donner raison à Monsieur Gérald Flesch, qui décrit admirablement bien la triste réalité socialiste au XXIème siècle.

    Pour en revenir aux bourses d’études, vous écrivez:

    « de revendiquer que les bourses d’étude ne couvrent qu’un «minimum de 70%» des frais de formation, et non le 100%, ce qui serait logique. Or, si tous les frais ne sont pas couverts par des bourses, les étudiant-e-s seront forcés de travailler à côté de leurs études pour combler le reste. »

    Je ne vois pas en quoi cela pose un problème de travailler à côté de ses études. Cela est même positif, et ce dans bien des domaines (pas seulement financier). Avec en moyenne 24 heures de cours maximum par semaine et + de 4 mois de vacances / périodes sans cours par année, il n’y a pas vraiment de quoi s’offusquer!

    Ensuite, vous continuez ainsi:

    « Mais là où le bât blesse, c’est que les plans d’études se densifient de plus en plus, rendant ces activités annexe plus difficiles, si ce n’est impossible. »

    24 heures de cours maximum par semaine et + de 4 mois de vacances, ouvrez les yeux! Votre argumentation est vraiment bien faible…

    Votre commentaire et votre proposition n’ont rien à voir avec l’égalité des chances, mais bien plus avec la défense du confort actuel des étudiants.

  5. @Gerald flesch et Philippe: Contrairement a ce que vous avancez (sans le demontrer, d’ailleurs) le socialisme est une force de progres social et le demontre, par ses actes et ses proposisions.
    Quant aux commentaires de philippe, ils negligent visiblement toutes les etudes qui ont examine le comportement des etudiants face au travail: elles demontrent qu’a parti d’un certain pourcentage de travail a cote des etudes (en general 30%), la qualite des etudes en patit, ce qui ne saurait etre positif. Et les nouveaux plans d’etudes sont de plus en plus denses et ont de moins en moins a voir avec le cliche que vous evoquez. (desole pour les fautes d »orthographe, le clavier que j »utilise n’a pas d »accens…)

  6. C’est vrai qu’il est difficile de parler « sans accent »…

    Plus sérieusement, Philippe soulève un point important: en travaillant un jour et demi par semaine (soit 30 %) pendant l’année académique, et en travaillant à plein temps durant deux des quatre mois de vacances, un étudiant a largement de quoi bien faire, sauf peut-être sortir tous les soirs en boîtes.

    Quant au caractère de force de progrès social du socialisme actuel, il fait sourire. Le socialisme n’est viable que dans des économies en forte croissance, pour que celle-ci puisse profiter aux plus défavorisés. Dans des sociétés en croissance faible ou nulle, le « progrès social » se fait au détriment de 70 % de la population, soit des classes moyennes, qui voient leurs impôts augmenter pour le financer. Il ne faut pas vous étonner qu’un petit employé à qui on ponctionne 20 % de son salaire vote UDC (comme 30 % de la population suisse), lorsqu’il voit l’Etat dépenser sans compter pour améliorer le ocnfort des étudiants, ou pour assister des familles entières de réfugiés improductifs pour l’économie.

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