Cuisiner pour lutter contre l’obésité

Que faire pour éviter que les enfants ne deviennent obèses? Alors qu’en Suisse, 10% d’entre eux sont aujourd’hui classés dans cette catégorie, le socialiste Jean Christophe Schwaab (27 ans) aimerait contraindre les jeunes vaudois à suivre des cours de cuisine.

(Le matin dimanche, 17.12.2006)

Des cours de cuisine «au sens large», précise le candidat au Grand Conseil, avant de définir les contours de ce qui constitue – selon ses propres termes – une «promesse électorale»: «L’idée consiste à détourner les enfants de la malbouffe, de leur inculquer des notions de diététique et de leur permettre de prendre leurs distances avec la publicité».

L’école vaudoise propose déjà des cours de cuisine à certains élèves entre 13 et 15 ans (filières VSO et VSG), mais ce type d’enseignement est optionnel. Le rendre obligatoire? Conseillère d’Etat en charge du Département de la formation et de la jeunesse (DFJ), Anne-Catherine Lyon estime que l’idée est «intéressante et qu’elle pourrait être incluse aux mesures soumises à examen, même si, à cet âge-là, il est souvent presque trop tard pour faire de la prévention.»

Mais Jean Christophe Schwaab voit également à long terme: «Il s’agit de leur apprendre à aimer faire à manger, c’est un héritage qu’ils transmettront à leurs propres enfants.»

«Adopter un bon comportement se détermine dans les toutes premières années de la vie, insiste toutefois la ministre. Il nous faudrait renforcer la prévention au niveau de l’école enfantine». Et, par le biais des enfants, sensibiliser les parents.

Une sensibilisation délicate, car la loi scolaire souligne que l’école ne fait que «seconder les parents» dans leur mission éducative. «Si ceux-ci expriment le message: «Je te nourris parce que je t’aime», cela devient très difficile pour l’école de dire: «Etre obèse, c’est mal», car cela met l’enfant en conflit de loyauté envers ses parents», analyse Anne-Catherine Lyon.

Mais alors, l’école vaudoise en fait-elle assez? Sa cheffe relève que chaque établissement emploie du personnel qui détecte les cas problématiques (obésité, anorexie, etc.) et que, depuis 2006, l’Office des écoles en santé a reçu pour mission de se concentrer sur l’alimentation saine et l’exercice physique.

Par ailleurs, Anne-Catherine Lyon relève que le Conseil d’Etat vaudois «prend très au sérieux» le postulat de Catherine Roulet (Verts) qui vise le retrait des distributeurs de boissons sucrées et de viennoiseries dans les écoles vaudoises.

Des cours de cuisine, la suppression de distributeurs: «Cela ne suffira pas, affirme Nathalie Farpour-Lambert, responsable du programme de lutte contre l’obésité des Hôpitaux universitaires genevois. L’industrie agroalimentaire doit impérativement participer à cette lutte. Si l’environnement ne change pas, les chances de changer les habitudes des gens sont minimes.»

Ainsi, il y a un mois, 48 pays européens se réunissaient en Turquie sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé et signaient une Charte contre l’obésité «visant à réduire (…) l’impact de la promotion commerciale des aliments et boissons à haute densité énergétique, particulièrement auprès des enfants.»
© Le Matin Online MICHEL JEANNERET 16 décembre 2006

Photo: ©Philippe Krauer

Une réflexion au sujet de « Cuisiner pour lutter contre l’obésité »

  1. Jean-Christophe,

    Sensibiliser les jeunes de leurs plus jeune âge me paraît essentiel!.

    Mme Lyon prends très au sérieux le postulat de Mme Roulet? Ah bon, je viens de l’apprendre, toujours autant de distributeurs dans les écoles.
    Si c’est ça son travail « très serieux » je m’inquiète .!.

    Un cours de diethétique me paraît important, et surtout le rendre obligatoire, sinon cela ne servirait pas à grand chose.

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